Voici l'extrait d'article d'un manager paru dans une revue consacrée aux cadres. Il témoigne des valeurs qui l'animent dans son action de manager.
Si je ne devais avoir qu'une seule pensée ce serait certainement : "Faith in Humanity and not in God and Dollars"
Avec cette pensée, je pense que la pierre angulaire de ma vie est posée, après j'essaye de mettre en adéquation ma vie personnelle et professionnelle avec cette idée de base.
Si on quitte l'aspect philosophique et que l'on retourne dans le cadre du travail on peut décliner ce principe et retrouver toutes les valeurs qui permettront de manager un projet, une équipe, un service, une direction, une entreprise.
Ces valeurs, qui sont mes fondamentaux (comme on dit au rugby), sont l'honnêteté, la confiance, l'exemplarité, l'écoute, l'esprit d'équipe et la notion de service.
L'honnêteté :
C'est la pierre angulaire de l'édifice, sans elle rien ne peut se faire et elle n'a qu'un sens. Quand je parle d'honnêteté, je parle de l'honnêteté vis à vis des autres mais aussi vis à vis de soi, c'est à dire la capacité de réellement se remettre en cause, d'accepter de se poser les bonnes questions et d'avoir la franchise d'apporter des réponses qui ne vont pas forcément dans le sens où on espérerait qu'elles aillent.
L'honnêteté est une qualité que l'on a dans les veines, elle ne se travaille pas, mais on prend soin d'elle si on respecte la vie, si on respecte les autres.
Rien ne peut être fait sans honnêteté, car dès qu'elle est galvaudée toutes les relations sont faussées, tout devient interprété et tout ne devient plus que calcul et boniment
"Pourquoi il dit ça ?", "pourquoi il fait cela ?", et tout doucement on entre dans la basse politique.
L'honnêteté ne signifie pas forcément tout dire, car toute vérité n'est pas bonne à dire et le respect d'autrui oblige parfois à omettre certaines choses. Il n'est pas question de mentir mais de cacher certains aspects pour ne pas nuire car la vérité peut briser un individu. Or si on respecte l'Homme on ne doit pas arriver à ses extrêmes, il faut apprendre à faire passer des messages dans les limites de ce que l'individu est capable d'entendre.
La confiance :
Là aussi la confiance a plusieurs visages, il y a la confiance envers les autres, des autres envers soi, et en soi. Si seul le dernier aspect fait partie des valeurs de la personne, alors elle n'a pas compris grand chose à ce qui fait la beauté de la vie.
La confiance ne s'achète pas, elle se mérite. Il n'est pas possible de demander aux gens d'avoir confiance en soi, si on n'a pas confiance en eux. Ils ne donneront leur confiance que si elle est méritée. Il est beaucoup plus facile de perdre la confiance de quelqu'un que de la gagner. Les aspects de hiérarchie, de pouvoir ne rentrent pas en ligne de compte dans la confiance.
La confiance est l'autre fondement d'une relation humaine mais elle ne doit faire l'objet d'aucun calcul, on ne doit rien attendre en retour.
L'exemplarité :
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans le cadre du management, l'exemplarité est une valeur essentielle. Elle permet ensuite de demander à ses collaborateurs d'aller dans la même direction, car il est impossible de demander quoi que ce soit sans risque de conflit ou d'opposition forte si on fait le contraire de ce que l'on demande.
Que ce soit avec les siens, ou dans le monde du travail l'exemplarité permet de donner des axes de références et donc des repères car tout un chacun a besoin de repères forts dans sa vie si il veut pouvoir avancer sur le chemin de la vie.
Le travail bien fait par exemple est quasiment dans tous les cas une conséquence de l'exemplarité.
L'écoute :
L'écoute est une valeur essentielle et primordiale. Elle est beaucoup plus complexe que le simple fait d'entendre. L'écoute veut avant tout signifier la disponibilité vis à vis des autres quelle que soit l'heure, quelles que soit les contraintes extérieures.
Il est très important de savoir se rendre disponible, car l'écoute d'autrui ne supporte aucun délai, aucun retard. L'écoute implique aussi très souvent une propre remise en cause personnelle car elle nécessite de pouvoir expliquer des choses, des choix, des orientations, des sentiments en résumé tout ce qui fait la vie mais sans parler de soi. Les personnes ont besoin que l'on comprenne leurs problématiques, leurs angoisses pas que l'on parle des siennes et l'écoute implique que l'on donne en retour un réconfort vrai, une solution, une décision.
Une écoute sans retour sera encore plus mal perçue que si il n'y en avait pas et souvent interprétée, peut être à juste titre, comme un manque d'intérêt, d'implication.
L'esprit d'équipe :
Il est vrai que quand l'individu possède les qualités précédemment citées, l'esprit d'équipe est pour lui une qualité intégrante de sa personnalité. Cette qualité est une qualité innée, cet esprit de corps ou de groupe est essentiel pour la réussite de tout type de projet.
Accepter l'esprit d'équipe c'est accepter que personne "ne tirera la couverture à soi", personne ne recherchera les honneurs ou la promotion pour lui. C'est l'équipe qui assure les problèmes, les échecs, c'est donc elle qui devra recevoir les lauriers.
Il est évident que si la qualité du travail d'un des éléments n'est pas à la hauteur c'est le groupe qui en pâtit, mais l'équipe doit aussi être à l'écoute des uns et des autres pour savoir se serrer les coudes quand un des éléments à des difficultés personnelles ou professionnelles, pour l'aider à passer ce cap. Ce comportement sera toujours bénéfique et se transformera en " Win-Win " pour tout le monde à la fin.
La notion de service :
Cette notion vient compléter les qualités préalablement citées. Elle découle de ces qualités mais elle est simplement un peu plus tournée vers l'extérieur. Mais à partir du moment ou l'individu est foncièrement honnête, il n'y aucune raison qu'il soit malhonnête dans une relation client-fournisseur. Il en est de même pour les autres qualités, si elles existent elles seront mises au service de la relation client- fournisseur au sens large.
Ce cadre résume bien les valeurs recherchées par le management up (les plus hauts niveaux de management) pour permettre à un individu d'entrer dans cette grande famille (le premier niveau de management est appelé "management intermédiaire").
La progression dans l'échelle nécessite ensuite un changement de paradigme. Le manager doit être en capacité d'acquérir d'autres valeurs qui resteront invisibles pour les niveaux inférieurs, mais décelables dans le management up. L'appartenance à certaines associations peut aider à faire avancer de façon significative une carrière.
[...] La fidélité au management up est l'une de ces valeurs. Elle doit être sans condition et sans faille. Elle nécessite de trahir certaines des valeurs affichées quand le moment se présente, car les paradigmes nouveaux sont prioritaires.